mardi 30 mars 2010

Crapauds

Dimanche sous la pluie.
Déjeuner sur la terrasse lavée par le vent.
Discuter avec l'araignée funambule de mon plafond.
Un brin de toilette.
Marcher près de l'étang.
S'enfoncer dans la sphaigne.
Faire rire un ou deux crapauds.

lundi 29 mars 2010

Grèbes huppés

Les étangs de Saint-Pierre sont situés en pleine foret entre Compiègne et Pierrefonds (Oise, région Picardie).
En ce début de printemps, alors que la végétation d'hiver est encore présente, de nombreux oiseaux d'eau prêts à nicher sont visibles. Il faut un bon zoom (j'ai utilisé un 70-300 mm et c'est un peu court) car les places d'affut sont souvent occupées par les pêcheurs. Au menu : canards colvert, cygnes, foulques macroule, poules d'eau, hérons cendrés, martin-pêcheurs et ce couple de grèbes huppés dont j'ai interrompu la parade.

dimanche 28 mars 2010

vendredi 26 mars 2010

La Fée des crocus

Pendant que mon père était à l'hôpital, une petite fée rousse s'affairait dans son jardin. Elle préparait l'arrivée du printemps autour des derniers perce-neige et des crocus.
Plus tard, je l'ai aperçue qui butinait les narcisses et les jonquilles, imitée par les syrphes presque immobiles, comme enivrés par les premiers parfums du printemps.

lundi 15 mars 2010

Pause

Vers le vent est en mode pause quelques jours, jusqu'au 25 mars.
Merci pour vos visites, à bientôt !

dimanche 14 mars 2010

Une mare

C'est dimanche, on peut rêver des Na'vi de la planète Pandora pendant la grasse matinée.
Batailler avec sa baguette en revenant du pain tel un chevalier Jedi.
Sentir l'odeur du pain grillé s'évader de la cuisine.
Sourire au plic-ploc du café qui s'égoutte.
Plisser les yeux et voir une mare.
Entendre les grenouilles sans les voir.
Sursauter lorsque la libellule passe tout près.
Chut, ne dites rien, le héron est à l'affut...

samedi 13 mars 2010

Vers la lumière

"Am stram gram..."
Murmure le vent dans les ruines.
"Ainsi soit-il."
Murmure le vent tapi dans la cime des arbres.
"Sors de ton corps,
Sors de ton rêve,
Marche vers moi."
Je quitte l'ombre et la tombe,
La pierre froide du mausolée.
Où es-tu Grand-Père ?
Où es-tu petite brise qui prend la voix de mon grand-père pour me parler ?
Vers la lumière des arbres j'avance.
Doucement.
Lentement.
La route est longue,
Elle n'existe pas alors je l'invente,
Traverse un long long long chemin de ruines,
De pierres tombées de racines et de ronces,
Jusqu'au lieu dit
Vers la lumière des arbres.
Où es-tu Grand-Père ?
"Am stram gram..."
Murmure le vent dans mes poumons...

jeudi 11 mars 2010

Les mésanges du balcon

Mésanges bleues

"Il y a des mésanges sur mon balcon,
Elles ont des chapeaux ronds, vive la campagne !
Les bleues ont un masque comme Zorro,
Une cagoule de bandit corse, vive les charbonnières !"

Mésange bleue

Ma chanson ne rime pas, j'arrête de vous briser les tympans.
Les mésanges bleues sont toujours perchées sous le toit du balcon. Madame et Monsieur font leur pas de deux sur la boule à facettes sans jamais poser une patte au sol. Ce sont les plus farouches. Et les plus difficiles à photographier à cause du contre-jour.

Mésange charbonnière

Les mésanges charbonnières vont par deux comme les chevaliers Jedi. Madame s'avance vers la mangeoire tandis que Monsieur veille depuis la rambarde du balcon. Tandis que Madame monte le guet dans le cerisier, Monsieur se goinfre. Il rejoint le cerisier et déglutit sa graine, la coince entre ses pattes et la fend avant de l'avaler à nouveau.

Mésange charbonnière

Les charbonnières font volontiers la police et tiennent tête aux verdiers de passage. Pendant qu'elles les chassent de la mangeoire, les pinsons en profitent et le timide rouge-gorge s'enhardit une minute à peine...

mercredi 10 mars 2010

Carte postale

La mer, les rochers, un bateau, les nuages, le vent, les oiseaux, j'ai réalisé ma petite carte postale personnelle d'une Bretagne rêvée. Il manque peut-être un pêcheur au premier plan, oui... il vient de partir dans son petit rafiot, la pêche a été bonne, il est en train de nourrir les mouettes... Faites attention les rochers sont glissants !

mardi 9 mars 2010

Les pieds dans le plat

Hier soir, en revenant d'une balade dans la neige et le vent froid, j'ai aperçu un nouveau venu à la mangeoire. Ailes vert-noir tachées de blanc, aussi gros qu'un merle, je n'ai pas eu le temps de monter l'objectif qu'il s'était enfui.
Ce matin, il était revenu, tenant à distance les fidèles de la mangeoire (merles, mésanges, pinsons, verdiers, tarins et rouge-gorges). Je reconnus un étourneau sansonnet. Moins farouche qu'un merle, j'ai pu le capter plusieurs fois dans la matinée, accompagné de 2 immatures. Vers midi, les mésanges les ont  harcelés tant et si bien qu'ils sont partis, permettant aux habitués de retrouver leur mangeoire.


Les photos ont été prises derrière la vitre du balcon au téléobjectif 70-300mm, recadrées et accentuées.

lundi 8 mars 2010

L'aube

 
L'aube

J'ai réalisé plusieurs variations sur ce même thème.
A vrai dire, je ne sais pas pourquoi je crée de temps en temps une scène avec un ou des cerfs plutôt qu'un éléphant rose. L'envie est aussi nécessaire que déraisonnée, c'est comme çà !

 
Brume

  
En foret

samedi 6 mars 2010

Les fous rires

A Lionel (5 juin 1961 - 6 mars 2006)

Parfois en rêve tu m'apparais.
Nous sommes en gare de Lille où tu m'accueilles. Tu parles peu malgré la somme d'événements dont tu souhaites me parler, ce qu'est ta vie depuis ton départ. Je te raconte les livres de science-fiction, les paysages, les oiseaux, les sourires, la colère de t'avoir perdu, la souffrance de celles qui t'ont aimé. Je radote, je te l'ai déjà dit la fois d'avant. Ce rêve est comme un cauchemar qui se répète sans la peur et la sueur au réveil.

Je finirai par comprendre, t'apprivoiser, entendre ce que tu me dis et que ma voix couvre. Je m'attache à des riens, tes cendres au pied du rosier d'un jardin dont j'ai perdu l'adresse, ta photo que je n'ai plus, une autre photo que j'avais barbouillé à l'encre et au feutre il y a trente ans pour te faire ressembler à un alien à antennes.


Planète Potiron

J'ai des boites à gâteaux pleines de tes lettres. Lorsque nous échangions les critiques des livres, des films que nous avions vu. Les partitions, les montages, les cassettes audio. Des cartes postales de cimetières que tu adorais fréquenter, tiens te voilà bien, maintenant que tu es coincé là-bas pour toujours ! Je t'envoyais des cassettes où je faisais battre ma grosse caisse et ma charley pour te donner le tempo, on faisait de la musique d'instituteurs pour em... ta mère. C'était le temps d'avant les machines quand on développait nos photos noir et blanc sous l'escalier. Le révélateur avait une meilleur odeur que tes chats.

Combien d'étoiles avons-nous compté la nuit venue ? La Grande Ourse, le Petit Panda, la Fraise Tagada, pas un seul extra-terrestre à l'horizon ! Les ingrats... On ne se serait pas barré avec eux de toute façon, ils devaient trop ressembler à des Américains. On préférait l'Afrique et les percus jouées jusqu'à pas d'heure, le vaudou, la transe, non la fièvre c'était le palu.

Les fous rires, les nuits blanches à attendre les fantômes et tirer les tarots pour gagner de quoi payer nos places de concert. Les fous rires, les filles, la musique, les filles, les grandes, les grosses, les pas belles qu'on aimait bien vu qu'elles nous aimaient et qu'on était pas beaux, ni grands, ni gros.
Les fous rires, les volutes de fumée, la cigarette, j'ai arrêté il y a dix ans, la cigarette, qui t'a arrêté il y a quatre ans. Je ne t'ai pas vu bardé de tuyaux à l'hôpital avant qu'ils te débranchent pour de bon, tu devais ressembler enfin à un extra-terrestre. Est-ce qu'ils ont donné ton poumon, celui qui te restait, à tes chats ? me demande la gamine. Je suis triste humide comme une serpillère, j'ai envie de lui crier dessus et ça me fait marrer, non pas de mou pour les chats, ça ne se fait pas. Elle a tout compris la gamine, rire encore ensemble. C'est ce qui me manque, les fous rires...

vendredi 5 mars 2010

La butte aux frênes

La butte aux frênes est une image virtuelle composée avec le logiciel Vue Esprit.

Je ne sais pas où se situe cette butte. Dans mon imagination. Sur mon disque dur et désormais sur le disque dur d'un serveur web. Bientôt dans Google Images, mon album Picasa ou un truc du même genre. Dans le cache et l'historique de votre navigateur internet. Peut-être sur le disque dur de votre ordinateur. Dans votre mémoire. Dans vos souvenirs.

L'un ou l'une d'entre vous a reconnu cet endroit et se rappelle qu'il ou elle habitait tout près. Qui ne s'appelait pas La butte aux frênes mais La butte aux cailles. Il n'y avait pas de cailles mais des mûres dans le chemin en contre-bas. Et puis ce n'était pas une butte, juste un talus. On passait devant pour aller chercher le lait à la ferme ou prendre le bus pour le gros bourg. Qui n'est plus si gros que çà depuis que la fabrique a fermé et que tout le monde a décampé. En ville qu'ils sont tous allés pour trouver du travail mais ils n'ont reçu que des allocs et des hachélèmes.
Elles étaient bonnes les mûres en revenant de la balade. On avait les chaussures et le bas des pantalons sales à cause du chemin qui avait été remblayé avec du sable noir de la fonderie. Celle qui a fermé vu que tout le monde était parti quand la fabrique a fermé...vous ne suivez pas ce que je dis ? Je l'ai bien noté, vous avez encore des petites taches de mûre sur le menton !

 
La butte aux frênes

mercredi 3 mars 2010

Palabres

Je connaissais un arbre autour duquel les hommes avaient construit une salle de cinéma. C'était un lieu à demi-couvert et de sa place l'arbre pouvait suivre les films qui étaient projetés.
Il n'aimait pas les films de guerre à cause du vacarme derrière l'écran et de la colère noire qui battait les tempes des spectateurs. Il n'aimait pas les films romantiques auxquels il ne comprenait rien mais il adorait les comédies musicales à cause de la musique entrainante. Cela le changeait de tous ces films où la musique semblait presser de marcher au pas ou de sonner le glas. Mais ce qui faisait frémir ses feuilles, c'était la comédie, le burlesque quand les rires des spectateurs fleurissaient dans la salle et, peu à peu, devenaient comme un nuage, une onde bénéfique, une brise qui agitait ses rameaux d'abord puis ses branches basses et parfois sa cime !
Le lendemain d'une bonne comédie, l'arbre racontait ses émotions aux arbres alentour. Les feuillages bruissaient de concert mais on se doutait qu'ils ne le croyaient pas tout à fait.

mardi 2 mars 2010

Vallée de la Lune

Il n'y a plus de boîte aux lettres
Au 7 bis de la vallée de la Lune.
Le facteur est mort assoiffé et perdu dans ce désert de pierres.
Seuls les nuages écrivent encore au vieux Juan
Qui déchiffre leur chant et le fredonne ensuite aux coyotes.

Ce matin, le navajo entend les pierres craquer et tomber.
Il ne quitte pas l'abri de peur de rencontrer les esprits de la nuit froide
Qui remontent sur la Lune l'aube venue
Ou le fantôme du facteur égaré qu'accompagnent les premières lueurs.

 
Vallée de la Lune