lundi 28 février 2011

Rougequeue noir

Rougequeue noir

Ce beau Rougequeue noir m'intrigue. Il vient parfois à la mangeoire, inspecte les lieux, chasse les habitués et domine le balcon pendant de longues minutes. Sa présence intimide la plupart des oiseaux et les minutes passent sans qu'il se nourrisse, négligeant les fragments de graines dont raffole les pinsons et la boule de graisse que convoitent mésanges et rouge-gorges.
Alors que la plupart des oiseaux désertent la mangeoire en fin d'après-midi, je l'aperçois montant toujours la garde sur le balcon ou au bord de la mangeoire. Seul le bruit du volet roulant parvient à l'éloigner...

Rougequeue noir

Rougequeue noir

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samedi 26 février 2011

No man's land

Au bout de mon village, il y a un cimetière militaire.
Sur la route qui mène au village voisin.
Un cimetière militaire.
Sur la route qui mène à la ville.
Un cimetière militaire.

Cimetières. D'Ouest en Est. Du Nord au Sud. Cimetières.

Allemands aux croix noires. Français aux croix blanches. Anglais. Canadiens. Australiens. Américains.

De cimetière en cimetière, la carte du front se dessine. Nord. Picardie. Marne. Meuse.

J'ai grandi avec ces paysages. Monuments aux morts. Mausolées.

La pierre Clouise où nous ramassions enfants des carrés de poudre à fusil. L'observatoire du général Mangin dont il ne reste rien. Le wagon de l'Armistice et ses terribles photos du Front. L’affût de la Grosse Bertha, une fosse bétonnée en pleine foret où il n'y a plus de canon.

Le chemin des Dames. Le fort de La Malmaison. La caverne du Dragon. Les ruines de l'abbaye de Vauclair. Les ruines de Craonne. Le plateau de Californie.

Les creutes autour du village où s'abritaient les soldats. Les trous d'obus. Les munitions empilées au bord des champs. Le monument des fusillés de Vingré.

Le monument des fantômes de la Butte-Chalmont. Le fort de La Pompelle près de Reims. Le fort de Condé.

No man's land - Image de synthèse réalisée avec Vue Esprit

Je me suis parfois demandé pourquoi je rêvais si souvent de cette grande guerre...
Je rêvais de morts enterrés, empilés, vêtus de leur vareuse, sales, hirsutes, barbus, poilus, pas décomposés. Dans mes cauchemars, j'étais fossoyeur.

Enfant et plus tard encore, j'avais l'impression d’être cerné, enfermé au milieu de ces lieux de bataille, de tragédie, de mort. Je me demandais si c'était une punition de vivre ainsi, ce que cela signifiait.
Ma grand-mère évoquait souvent son père Ernest, blessé plusieurs fois, combattant de Verdun. Un petit homme discret qui s'agenouillait en pleurant devant sa Croix de Guerre lorsqu'il avait trop bu. Un père était parti à la guerre, un homme étranger à lui-même, à sa femme et ses filles en était revenu. En racontant cette anecdote, ma grand-mère tentait de sourire tandis que mon grand-père la priait de se taire.
Mon grand-père ne parlait pas de son frère Germain mort en 1915 aux premières heures de la  guerre en Somme. Sa manière d'en parler fut de prénommer Germaine sa fille aînée, Germain l'un de ses fils, mon père. C'était un hommage simple et sincère.
Je ne sais à quel moment mon père a souffert de porter ce prénom.

Mon grand-oncle était aimé. Cadet de trois garçons, Léon, Germain, Fernand. Fils d'Alexis, ancien du Grand séminaire, contre-maitre de la fabrique d'allumettes de Saintines, et d'Eugénie, femme au foyer.
Il était le grand frère de mon grand-père, de 12 ans son aîné.
Le blagueur qui envoyait des cartes postales à ses parents depuis Fleury-Mérogis où il travaillait comme peintre en bâtiment, espérant que le facteur – qui lisait le courrier – colporte dans le village la fausse nouvelle de son incarcération, de sa tentative d'évasion.
Le jeune homme tombé à 23 ans à Hébuterne dans la Somme. Porté disparu. Recherché par sa mère, suppliant un ambassadeur, une excellence, de vérifier s'il ne figurait pas parmi les prisonniers de guerre. Mort pour la France enfin dix ans plus tard. Enterré dans une fosse commune. On a retrouvé son Livret Militaire mais pas tous ses os.
J'ai toujours senti chez mon père une sorte de fierté de porter son prénom, mêlée à de la crainte. Crainte de ne pas être à la hauteur de la légende familiale, crainte de ne pas être reconnu pour ses propres qualités.

Mon père a attendu longtemps avant d'oser exprimer ce qui lui pesait. Il attendu longtemps après la disparition de ses grands-parents, de ses parents, de sa sœur Germaine, pour se rendre à Hébuterne, prier sous la pluie fine et froide, en repartir apaisé, assuré que je l'avais enfin compris.
Ce jour là, j'ai eu le sentiment que nous avions mis un terme à un conflit qui obsédait mon père depuis 70 ans, enterrant mon grand-oncle, pardonnant mon grand-père, acceptant enfin son prénom...

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Hébuterne

jeudi 24 février 2011

Pause forcée

Arbre

Un petit message pour vous informer que Vers le vent est en pause le temps de me soigner de la grippe et de la gastro qui m'ennuient depuis 4 jours...
A bientôt!

samedi 19 février 2011

Friches fleuries

Il y a quelques années déjà à la sortie de Paimpol, sur la route de Lézardrieux, une belle et discrète friche fleurissait les accotements. Depuis, l'idée a fait du chemin et on trouve des friches fleuries un peu partout. C'est à la mode. Et moche!
Ce désordre organisé me déprime. J'ai l'impression que les jardiniers municipaux essaient à grand peine d'imiter les tableaux de Monet. Des brassées de fleurs "sauvages" semées sans génie, alignées comme des poireaux. Les paysans ont aussi leurs jachères fleuries, un peu plus vastes. Un peu partout les mêmes variétés.
La plupart du temps, je ne vois pas grand monde dans ces friches. Peu d'insectes, peu de butineurs, peu d'admirateurs. Qui regarde ces fleurs que les papillons et les abeilles semblent bouder ?

Friche fleurie

Personne ne regarde davantage les friches naturelles dont le désordre me plait. La variété des fleurs, leur ordonnancement, leur croissance, le nombre et la qualité des butineurs les rend essentielles. Dans mes cauchemars, l'administration d'un ministère obscur peaufine un règlement qui réduira les surfaces de ces ilots sauvages, définira les variétés de fleurs, les papillons autorisés, le formulaire type à adresser aux apiculteurs pour qu'ils y déplacent leurs ruches...

Orchidées

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Fleurs du Rhin
Prairies

vendredi 18 février 2011

Lumière

Épis

L'hiver n'est pas fini. Le brouillard, la pluie froide et le vent le chantent encore.
En ces heures grises, je ne rêve pas de fleurs empapillonnées, de libellules aux yeux rouges, j'attends la lumière.

Épis


Épis

jeudi 17 février 2011

Balade

Foret vosgienne

Le soleil s'était invité pour la journée d'hier. C'était pour moi l'occasion de délaisser les rives froides et venteuses du Rhin pour les ombres de la foret vosgienne.
Il faisait à peine 10°C et la lumière annonçait la fin de l'hiver. Je n'avais pas froid. Juste l'envie de retrouver les odeurs des arbres, des feuilles mortes, le chant des oiseaux, l'appel du faucon pèlerin.
A un moment de ma balade, j'ai cru voir une feuille morte tomber dans la lumière puis reprendre son vol. Un papillon ? En cette saison ? Je suis resté comme un idiot à regarder cette fée aux ailes jaunes me montrer le chemin... Je l'ai suivie dans la clairière sans jamais la rejoindre. Je n'ai pas pu prendre de photo mais cette apparition m'a réconforté...

Foret vosgienne

Foret vosgienne

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La ligne bleue des Vosges

mercredi 16 février 2011

Les sentinelles

Rougequeue noir

Il est apparu à la mangeoire voilà 2 jours. Je l'ai tout de suite reconnu avec sa queue rouge  et son plumage gris sombre, sa tête presque noire.
Le rougequeue ne s'intéresse pas au contenu de la mangeoire. Il effraie et chasse les autres oiseaux. Les moineaux, les verdiers et les pinsons s'enfuient sans combattre devant ce petit oiseau qui ouvre les ailes en sautillant pour se donner de l'importance.
Mais il en faut davantage pour apeurer les mésanges. Les charbonnières semblent intriguées tandis que les bleues feignent de l'ignorer.
Je l'ai observé repoussant merles et tourterelles 3 à 4 fois plus gros que lui avec témérité, sans jamais se décourager. Son agitation a fini par attirer le rougegorge, indifférent comme lui au contenu de la mangeoire...

Rougequeue noir

Rougegorge

lundi 14 février 2011

Vieux saule

Saule

Je prends souvent en photo ce vieux saule. D'autres arbres aussi.
Il est des arbres que j'admire mais dont je ne caresse pas l'écorce.

Je ne montre pas les arbres que j'étreins.
J'oublie même de les photographier.

Sur les berges du Fahrgiessen,
près des digues et des friches de la Réserve du Delta de la Sauer,
dans la prairie qui domine l'étang du Beilenkopf,
les arbres que j'aime peuplent mes rêves.
Et parfois, la nuit venue,
les fées rouges, vertes et bleues libellulent de branche en branche,
transformant les vers luisants en gouttes de rosée...

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Vieux saule

samedi 12 février 2011

Portraits d'une Bernache

Bernache du Canada

Il existe une grande colonie de Bernaches du Canada à la Réserve du Delta de la Sauer. On peut facilement observer les petits groupes qui la composent.
Établies depuis plusieurs générations, ces Bernaches ne migrent pas. Elles ont trouvé ici de quoi se nourrir toute l'année, sur le territoire de la réserve et dans les champs alentours (environ une dizaine de kilomètres).
J'aime les voir arriver le matin à la Sauer. Elles se font d'abord entendre de très loin avant de se poser. Puis elles effectuent leur toilette. prenant grand soin de leur plumage au milieu des cygnes et des canards.

Bernache du Canada

Bernache du Canada

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La Bernache du Canada

vendredi 11 février 2011

Près du pont

Oie cygnoide

A l'entrée de la Réserve naturelle de Munchhausen, une troupe de cygnes tuberculés veille près du pont qui enjambe la Sauer. Les pigeons et les mouettes rieuses, perchés sur la rambarde du pont, attendent l'arrivée des familiers qui les nourrissent. En amont de la rivière, plusieurs familles de Bernaches du Canada s'isolent pour la toilette.
Les canards colvert sont les plus rapides de tous lorsqu'il s'agit d'attraper les morceaux de pain. Les cygnes perdent leur temps à se jalouser, à pincer les jeunes au plumage encore brun. Une jeune Bernache et l'oie cygnoide, qui ne quittent jamais la troupe, profitent aussi de la cohue. L'oie semble moins farouche que la Bernache et se laisse volontiers admirer...

Oie cygnoide

Oie cygnoide

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Oie cygnoide

jeudi 10 février 2011

Légers et vifs

Amaryllis

Journée de brouillard.
Ciel blanc.
Les heures décolorées distillent l'ennui.
On me parle, je n'entends rien.
Les mots tombent des dents.
Je rêve de papillons, d'azurés, d'argus,
légers et vifs dans les jardins
caressés par la lumière et le vent...

Azuré des Nerpruns

Fadet Commun

Tristan

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Si ce n'est toi, c'est donc ton frère
Rêve de lumière

mardi 8 février 2011

Réunion

Labour

En rentrant d'une petite balade à la Réserve de Munchhausen, j'ai aperçu un nuage de mouettes rieuses à la traine du tracteur en plein labour. Je me suis arrêté au bord de la route pour essayer d'approcher un groupe de cygnes posés en plein champ.
Il me semble qu'il y avait plusieurs espèces, des cygnes tuberculés habitués de la Réserve proche et des cygnes de Bewick présents depuis l'arrivée des grands froids. La plupart du temps, plus farouches, ils ne sont visibles qu'aux jumelles ou au digiscope.
J'ai utilisé mon zoom 70-300mm pour les capter et je n'ai pas cherché à les déranger davantage.

Cygnes tuberculés

Cygnes de Bewick

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Neige

lundi 7 février 2011

Manifestations

Canards colvert

A l'embouchure de la Sauer, devenue une place-forte de la contestation du pouvoir à la Réserve naturelle, des dizaines de manifestants, scandant des slogans hostiles au Héron cendré, ont continué à exiger son départ.
Les groupes de Canards colvert à l'origine du soulèvement ont formé une coalition et ont assuré qu'ils n'allaient pas lever leur occupation tant que le tyran n'aurait pas démissionné.
Sur le plan des efforts visant à mettre un terme à la crise politique, le pouvoir et les Mouettes rieuses - principale force d'opposition officiellement interdite - ont discuté publiquement, en présence des Cigognes de la police secrète.
Les participants à cette séance de "dialogue" se sont mis d'accord sur "une transition pacifique du pouvoir", a indiqué le porte-parole du gouvernement, Pic épeiche, dans un communiqué après la réunion.
Mais les mouettes rieuses ont aussitôt dénoncé l'insuffisance des réformes proposées.

Mouettes rieuses

Cigognes

dimanche 6 février 2011

La vie dans les prairies

Melitée Orangée

Le temps s'est radouci depuis 2 jours mais ce n'est pas encore le Printemps. Les passereaux ont déserté la mangeoire du balcon...
Si je rentre de balade bredouille, la carte mémoire presque vierge, le disque dur du PC regorge encore de petites vies captées l'été dernier dans les prairies qui bordent le Rhin...

Paon du jour

Petit Sylvain

Robert-le-Diable

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Couleurs de l'Été
2 Papillons pour Flo

samedi 5 février 2011

Naissance de la Lune

Birth of the Moon - Image de synthèse réalisée avec Vue Esprit

La terre gronde.
Comme un muscle qui se contracte.
La rumeur a fait taire les oiseaux.
L'ère de la poussière commence...

Au Nord du lac, la rivière souterraine se charge de boue.
Il est vain de presser le pas, il faut attendre...

La nuit surgit.
La lune fait ses premiers pas.
Les rochers enfantent une arche pour l'aider à marcher.

vendredi 4 février 2011

Images de synthèse

Si je réalise assez souvent des images de synthèse et des photomontages que je vous montre ici ou , je ne prends pas toujours le temps de mettre à jour Darthmagus.com.
C'est chose faite et je vous invite à redécouvrir la galerie Attrape-rêves!

Breizh - Image de synthèse réalisée avec Vue Esprit

jeudi 3 février 2011

Couleurs de l'Été

Carte Géographique

Il y avait peu de libellules l'été dernier, moins que les années précédentes, autour des points d'eau que je fréquentais. Cela m'a poussé à m'intéresser davantage aux papillons des prairies proches que j'avais pratiquement ignorés jusque là.
Je consacre parfois mes soirées au tri de mes photos. Supprimer les mauvaises prises et les ratées, recadrer les présentables est fastidieux mais simple. Malgré les guides, l'identification des espèces est une tache longue, parfois rébarbative. Heureusement, leur fascinante beauté en vaut bien la peine!

Demi-deuil

Fadet commun

Tristan

mardi 1 février 2011

Azurés de Mai

Lorsque le soleil se fait rare, il est temps de convoquer les papillons du disque dur!
Cela suffit pour retrouver le sourire, affronter une journée froide d'hiver et un ciel bas...

Azuré

Même si j'ai passé beaucoup de temps à les observer, je ne sais des lycènes que ce que j'ai pu lire ici et là. L'identification des nymphalides me semble plus simple. Je ne me hasarderai pas à nommer précisément les azurés présents au risque d'être rapidement démenti ;-)

Azuré

Azuré

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Azurés